Tout savoir sur le plan Fanfare avec l’Union des Fanfares et ensembles musicaux

Le plan Fanfare, ce sont les acteurs de terrain qui en parlent le mieux ! Nous nous sommes entretenus avec Éric Villevière et Astrid Jund, respectivement président et coordinatrice nationale de l’Union des Fanfares et ensembles musicaux.
Stage de perfectionnement à la pratique d’orchestre d’harmonie, réalisé avec le soutien du Plan Fanfare, et destiné aux musiciens amateurs des associations affiliées à l’UFEM et au-delà. Chef d’orchestre : Laurent Comte
Stage de perfectionnement à la pratique d’orchestre d’harmonie, réalisé avec le soutien du Plan Fanfare, et destiné aux musiciens amateurs des associations affiliées à l’UFEM et au-delà. Chef d’orchestre : Laurent Comte

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

L’Union des fanfares et ensembles musicaux est un groupement d'associations depuis 1906, qui a pour objectif de renforcer la pratique musicale des fanfares et créer de la solidarité au sein de la pratique amateure. 

Initialement intitulée Union des fanfares de France (UFF), l’association a récemment changé de nom pour illustrer l’évolution de la structure. En effet, ce nom élargit la cible et permet de rappeler la mission du groupe : la solidarité. L’intégration est d’ailleurs essentielle dans un monde mobile, dans lequel il est toujours plus facile d’être isolé. 

Pouvez-vous nous décrire la mission et le fonctionnement de l’UFEM en quelques mots ? 

Le lien humain et social est au cœur de la mission de l’UFEM. Il est irremplaçable, la crise sanitaire nous l’a rappelé. Et il est important qu’il perdure et qu’il soit partagé avec les nouvelles générations. En effet, l’UFEM regroupe des publics de toutes les classes sociales et de tous les âges qui se retrouvent autour d’une passion commune : la pratique musicale dans toute sa diversité. 

Nous accompagnons nos membres dans le montage des projets. Nous sommes par ailleurs en train de développer un axe sur la transmission. C’est un chantier pour les années venir qui nous est précieux, notamment pour rapprocher le monde de la formation avec celui de la pratique, qui sont souvent dans des temporalités différentes. Nous voulons créer des passerelles entre les lieux de formation et les lieux de pratique où les fanfares auraient toute leur place. 

Combien d’associations adhérentes comptez-vous ?

Nous comptons 150 sociétés adhérentes qui regroupent chacune entre 25 et 100 personnes. Tous les niveaux de pratique sont représentés. Nous avons des musiciens amateurs ainsi que des semi-professionnels. 

Pouvez-vous nous parler du plan Fanfare ? Que représente-t-il pour l’UFEM ?

Le plan Fanfare est historique pour nous. C’est la première fois qu’un dispositif de soutien dédié aux fanfares voit le jour. C’est pour nous une forme de reconnaissance inédite. 

Avec la crise sanitaire, le plan Fanfare a marqué la reprise de notre secteur qui a été très affecté par cette période où la pratique musicale a été à l’arrêt. Or, c’est une activité essentielle aux territoires. 

Notre rôle à nous est d’accompagner les sociétés musicales amateures pour qu’elles bénéficient du plan. Nous avons en quelques sortes mis en place une ingénierie culturelle. Nous nous sommes organisés à l’échelle nationale pour que des experts se rendent auprès des associations pour les accompagner dans la constitution de leur dossier. 

Nous avons un travail de pédagogie à faire auprès de nos adhérents autour de ce plan. 

Quel bilan tirez-vous du plan fanfare ? et quelles sont les perspectives pour les années à venir ?

Le plan Fanfare nous a permis d’initier une réflexion à long-terme autour des fanfares. De s’interroger autour de la question de l’attractivité de cette pratique musicale, de la place des jeunes dans un environnement très marqué par la famille. Le plan nous a donné les moyens de nourrir cette réflexion et d’initier la transformation du secteur.  

Par ailleurs, le plan nous a permis une ouverture sur les territoires, nous a accordé une légitimité, notamment auprès des DRAC et des élus que nous avons pu rencontrer. 

Nous espérons que le plan Fanfare est le bourgeon d'une reconnaissance, d'une nécessité, qui évoluera avec l’analyse des experts et des personnes concernées, et une structuration plus importante. 

Le plan Fanfare a-t-il contribué à revaloriser l’image et le rôle social de la fanfare ?

Absolument. C’est une véritable révolution.

Auparavant, le mot « fanfare » avait une connotation péjorative. C’était associé aux mots « vieillot », « vulgaire », « ringard » voire « incompétence ». Aujourd’hui, nous observons un changement considérable du fait du plan Fanfare. La fanfare est aujourd’hui une des expressions de la richesse locale, du terroir !

La symbolique du plan Fanfare au niveau culturel et social est immense. 

Qu’apportent les fanfares ? Quelle est leur place en France ?

Les fanfares permettent le vivre ensemble et le faire ensemble. Tous deux irremplaçables et essentiels aujourd’hui dans un monde qui se dirige vers la modernité. Elles permettent des échanges concrets, individuels, en groupes, avec des réalisations partagées, collectives, artistiques. C'est l'essence même des sociétés humaines qui est représentée par les fanfares. 

La pratique musicale amateure est un moyen formidable pour créer des liens, notamment parce qu'elle induit un dépassement de soi. Elle induit un respect permanent et total de la différence. C’est une leçon de vie collective douce et induite.

Êtes-vous musicien dans une fanfare ? Qu’est-ce que la fanfare a fait personnellement pour vous ?

Dans le monde musical dès notre plus jeune âge, la fanfare a permis de créer du lien ; a donné naissance au collectif. Nous nous retrouvons dans des associations dynamiques dont les actions soudent au-delà de la musique !