Vitalité et créativité : l’odyssée de la musique française

Ces quarante dernières années le milieu musical français a fait preuve d’une telle créativité que l’inventaire des titres joués le soir de la Fête de la musique témoigne aujourd’hui d’une impressionnante variété de genres et de styles musicaux.
Le 21 juin, il y aura pour tous les goûts.

Vidéoclips et émissions : des artistes cathodiques

Walkman, disques compacts, clips vidéo à la télévision, synthétiseur numérique, boîte à rythme, on se rappelle avec nostalgie ces innovations de la décennie 1980. Elles ont bouleversé la manière dont nous faisions et écoutions de la musique. Au cœur de ces changements : la télévision. Elle devient un média qui permet à la culture de se démocratiser et de s’étendre à de nombreux domaines, portée par des émissions de divertissement qui laissent une grande place aux artistes musiciens.

Très influencée par la pop, la chanson française vit un véritable renouveau. Ses deux émissaires les plus connus à l’époque, Jean-Jacques Goldman et Mylène Farmer, réinventent la chanson française sans faire ombrage à leur prédécesseurs (Michel Sardou, France Gall, Michel Berger).

Tout droit importées du monde anglo-saxon, deux genres font leur apparition : d’un côté, la New Wave, dont le nom est tiré du mouvement de la Nouvelle Vague française, avec Étienne Daho, Gold, Indochine (révélé par l’album L’Aventurier, en 1982), Partenaire particulier, Daniel Darc, etc. De l’autre, le Punk français, popularisé par une scène underground qui se distingue de son voisin britannique en adoptant un esprit « yes futur » beaucoup plus festif et incarné par les Wampas ou Bérurier noir.

 

Hip-hop, rap et Boys Band

Le mouvement Hip-hop, petit nouveau sur la scène française alors qu’il connaît un grand succès depuis une décennie aux États-Unis, réalise une percée fulgurante au début des années 1990 avec des rappeurs qui vont tenir l’affiche pendant plusieurs décennies : NTM, IAM, Ministère A.M.E.R., Secteur Ä, Lunatic, etc. Les ventes des albums explosent : en 1998, plus de trois millions d’albums et de compilations de rap sont vendus. Le public est au rendez-vous, curieux de ces nouveaux artistes qui portent une histoire ou des messages neufs.

En parallèle, le phénomène des Boys bands fait son apparition. Des hommes (la vague féminine est plus tardive) dotés de solides pectoraux s’affichent torse-nu dans des clips : les 2Be3, Alliage et autre G-Squad ont ainsi occupé les premières places du Top 50 durant de nombreuses semaines.

 

La digitalisation du monde

La première décennie des années 2000 s’ouvre sur une baisse importante des ventes de CD, la révolution numérique ayant ouvert la voie au téléchargement de pair à pair. La technique a toujours influencé la manière dont la musique était produite ou diffusée ; ainsi, la digitalisation modifie profondément la création musicale. 

La musique électronique irrigue tous les autres genres musicaux en leur redonnant un souffle, et s’affirme comme un genre musical à part entière. La French touch, portée par des stars mondiales telles que Jean-Michel Jarre (précurseur du genre qui a par ailleurs popularisé le concept de « méga-concert »), puis les Daft Punk, Justice, Kavinsky ou Bob Sinclar, a fait de l’Hexagone l’épicentre de la musique électronique et techno durant plusieurs décennies.

Les artistes rap sont toujours au rendez-vous, ce style devenant progressivement le préféré des Français. Et la deuxième génération, parmi laquelle figurent en bonne place Diam’s, Booba, Kery James, Psy 4 de la rime, la Fouine, etc., est tout aussi talentueuse que la précédente.

Enfant mélodique du rap, le R’n’B (mélange de rhythm and blues, de hip-hop, de soul, de pop et de funk), est à son apogée au milieu des années 2000. Une vague de chanteuses et chanteurs R’n’B connaissent un succès conséquent en France : Matt Houston, Tragédie (puis K. Maro), Vitaa, Shy’m, M. Pokora, Vitaa.