Longtemps, la formation des musiciens de jazz se faisait « sur le tas », en dehors de tout enseignement académique. Désormais, le Centre des musiques Didier Lockwood développe une offre, encore trop méconnue, de formations spécialisées entièrement dédiées à la musique de jazz et d’improvisation.
C’est lors d'un stage d'été à Calais en 1998 que les musiciens Didier Lockwood, André Charlier et Benoît Sourisse, encouragés par leurs camarades, songent à la création d’une école de jazz professionnalisante. Épaulés par leur amie Chantal Charlier et après deux ans de préparation, ils contactent le ministère de la Culture afin d’y présenter leur projet éducatif. Pari réussi, ils enseignent d’abord à Dammarie-les-Lys durant 20 ans avant que la ville d’Évry leur propose un lieu construit sur mesure comprenant une dizaine de salle de cours, une dizaine de lab de travail ainsi qu’un Jazz Club, un studio d'enregistrement et une grande salle de concert sur le même site.
Aujourd’hui directrice du centre, Chantal Charlier revient sur les cursus proposés par cette école de musique particulière.
Pourquoi une école uniquement dédiée au jazz ?
Tout simplement parce que le jazz est une musique de petits combos qui demande une approche très différente de celle des grands orchestres classiques ! Avoir une école dédiée nous permet d'être spécialisés et d'aborder absolument toutes les esthétiques des musiques improvisées à travers notre atelier « Musique esthétique ». Chez nous, un étudiant doit pouvoir tout jouer : du jazz traditionnel, du funk, du blues, mais aussi des musiques africaines, latines ou manouches. Cette diversification nous permet d'ailleurs d'avoir de vraies particularités, comme le violon jazz. C’est une spécificité de notre école qui attire énormément d'étudiants souhaitant marcher dans les pas de Didier Lockwood, qui était lui-même un violoniste de jazz de légende.
À quels profils s’adressent ces différentes formations ?
Nous accueillons des musiciens à fort potentiel, car l'entrée se fait sur concours (sélection vidéo, audition et test théorique), avec des places limitées à 9 ou 12 étudiants par instrument. Parmi les étudiants, nous retrouverons majoritairement deux profils. D'une part, nous avons de jeunes étudiants, qui suivent des formations diplômantes de Bac+2 à Bac +5 avec le DNSPM (diplôme national supérieur professionnel de musicien), la licence de musicologie et le master musique, production et performance en partenariat avec l'Université d'Évry Paris-Saclay. De l'autre, et c'est une grande particularité chez nous, plus de la moitié de nos effectifs sont en formation professionnelle ! Ce sont des musiciens qui ont déjà un parcours, parfois des trentenaires voire plus, qui viennent chez nous pour un ou deux ans. Leur but est d'acquérir de nouvelles compétences, d'aller chercher des compléments de formation, et surtout de se faire un réseau. Nous proposons aussi des formations certifiantes, au format de cours mensuels ou de stages d’une semaine.
Quels sont les avantages, pour un musicien, de suivre l’une de ces formations ?
Sur le plan artistique, notre pédagogie est unique : un professeur d’instrument principal mais surtout 10 intervenants par instrument, soit 90 intervenants pour seulement 70 étudiants. Cela n'existe nulle part ailleurs !
Nous avons aussi une belle reconnaissance à l'international avec l'accueil d'étudiants étrangers et des résidences. D’ailleurs, un partenariat avec le conservatoire chinois de Wuhan a été conclu en 2024.
Ensuite, en termes de débouchés, nous avons une insertion professionnelle forte, la priorité absolue de nos étudiants étant de jouer et de composer. Grâce à notre club de jazz, notre studio d’enregistrement et nos nombreux partenariats avec des festivals ou des clubs comme le 38Riv et le Baiser Salé à Paris, ils montent très vite leurs propres groupes et projets professionnels.
Enfin, concernant la reconnaissance académique, il faut être honnête : on ne vous demandera jamais votre diplôme pour jouer dans un groupe. Si vous jouez bien, vous êtes engagé. En revanche, nos diplômes, comme les licences ou les masters en partenariat avec l'Université d'Évry Paris-Saclay, ainsi que le DNSPM (diplôme national supérieur de musiciens, dont nous sommes la toute première école privée à avoir obtenu l'accréditation), servent de filet de sécurité. Ils sont indispensables pour la dimension internationale, si un étudiant veut faire un master à l'étranger par exemple. C'est aussi une garantie en cas d'accident de la vie : le diplôme permet de se reconvertir ou d'enseigner dans les conservatoires qui exigent aujourd'hui des professeurs certifiés. Quant aux stagiaires en formation continue, nous délivrons le titre AMMA (artiste musicien des musiques actuelles), finançable via le CPF (compte personnel de formation) ou l'AFDAS (l’Opérateur de compétences du secteur culturel).
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